Dans le présent, le passé restauré

Il est des hasards qui, dans l'insoumission de leur tracé, font parfois bien les choses. Une ferme en chantier. Un voyage au Maroc. De ces deux petits morceaux de vie devait éclore Du Haut Des Pays bleus. Comme une évidence. Comme le point sur le "i". L'aveu d'une envie nichée mais tenace; celle de jouer avec les matières, leur juste vérité, avec la fécondité des couleurs, et les formes charnues. Et poser le désir avoué jusqu'à vouloir en faire un ouvrage au quotidien. Le zellige (carreau de terre cuite) allait combler toutes ces attentes.


Oser la couleur

Inestimable garant d'une tradition séculaire, c'est dans l'élan d'une gestuelle talentueuse que le zellige se façonne. A coup sûr, le geste présent qui le fabrique décrit la même symbolique dans l'espace qu'au XIIeme siècle. Sa profondeur de vie lui vient de ce passé où la religion lui donnait sens. Dès lors, qui oserait réduire ce matériau à une simple tendance lorsqu'il naît d'un savoir-faire éblouissant porté par les générations successives.

Sa force est de s'adapter à des créations contemporaines sans céder à la modernisation de sa facture. Mais, que les choses soient claires, il ne s'agit pas d'arabiser nos intérieurs mais d'user de l'intensité de ce matériau en l'accordant à nos concepts en matière de décoration. Il sait prendre alors des allures de modernité confortable et sensuelle qui sied à un style de vie contemporain.


Le temps de cuisson, le geste de la main qui varie imperceptiblement donnent à chaque zellige une nuance infime et une existence unique. Avec lui, on a envie d'oser la couleur (nous en avons plus de vingt à vous offrir). La couleur qui, dans sa chatoyance émaillée, stimule la création et le jeu de l'assemblage. Grâce aux subtiles variations de teintes d'un zellige à l'autre, les surfaces unies s'animent de reflets changeants. Tandis que laissée à l'état brut, la terre cuite acquiert avec le temps et la protection d'une huile une patine à l'authenticité des sols anciens.





Dans leur diversité quasi infinie, les formes nous font croire à l'impossible. Il y a l'étoile et la réglette délicatement taillée pour la recevoir. Il y a aussi des formes plus classiques qui évoquent le sud méditerranéen et dont la combinaison avec des cabochons aux teintes multiples donne aux sols un charme coloré. Les dimensions s'amenuisent pour épouser les courbes d'un mur, pour composer des frises à la géométrie travaillée et minutieuse. Et tout devient possible.





Colorer les murs d'une salle d'eau, briser la monotonie d'un parquet avec un tapis de zelliges, habiller l'arrondi d'une alcôve, poétiser le pourtour d'une cheminée.



Pour des sols à l'ancienne

Pour notre bonheur, il existe aussi au Portugal des ateliers où la machine demeure étrangère. Tout s'accomplit par la main de l'artisan. Dès lors,chaque pièce produite vit d'une vie propre avec ses imperfections, ses touches particulières. Ainsi, le carreau de ciment tel que nous le connaissons dans les vieilles bâtisses de notre région possède la même qualité artisanale. Teinté dans la masse, il se décline en couleurs fortes, en géométries variées, et en frises compliquées. En raison de sa fabrication artisanale, il nous donne la liberté de reproduire l'arabesque d'un dallage ancien. Là encore, la part belle est faite à la créativité. Et qu'il s'agisse de compositions sobres ou sophistiquées, nous nous efforçons de rencontrer les goûts et les exigences propres de nos clients.


Les idées que ces matières suscitent fleurissent et s'épanouissent sur papier en projets peints à l'aquarelle. Une manière de concrétiser l'envie esthétique de nos clients et de leur proposer une vision quelque peu plus tangible de celle-ci. A l'heure du chantier, nous sommes à même de recommander un carreleur qui, comme le fabriquant fait montre de la même maîtrise.

Précieux par leur passé de tradition, par l'habileté de l'artisan qui les fabrique, ces matériaux le sont aussi par la rencontre qu'ils ont occasionnée. Rencontre de rythmes de vie, de manières de considérer le temps, de s'entendre sur les mots. Plus encore, c'est dans les épousailles du présent d'ici et d'un ailleurs éternellement empreint de son passé que Du Haut Des Pays Bleus fige ses racines profondes.